Restructurations inévitables pour les écoles et les organismes de formation

Forte demande pour les pédagogies numériques, individualisation des parcours, basculement d’un modèle B2B vers un nouveau modèle B2C, renforcement des exigences qualité, concurrence accrue… combien d’OF et d’écoles post-Bac vont survivre à ce choc, dans un contexte de potentiel « écroulement » de la demande ?

restructuration des écoles

Pour les établissements les plus huppés, la question ne se posera sans doute pas et la crise pourrait même constituer une opportunité : les familles, les entreprises, les managers auront le réflexe de la qualité et de la notoriété ; et si les besoins de financement devaient augmenter, l’ouverture du capital à des fonds d’investissement et la hausse des droits d’inscription permettront d’y répondre. Nouveaux locaux plus urbains, développement à l’international, renforcement de la sélection, corps professoral plus prestigieux… les projets de développement ne vont pas manquer.

Pour les écoles privées moins réputées, sous statut associatif, le recours aux financements extérieurs étant plus difficile et le potentiel de hausse des droits d’inscription plus limité, il faudra se transformer drastiquement. Tout d’abord en adaptant ses statuts (le réflexe étant de créer des sociétés annexes pour valoriser la marque, ou développer la formation continue), réduire les coûts, renoncer aux accréditations internationales… tout en investissant fortement sur le numérique, la pédagogie, la pertinence de l’offre ou les capacités de recrutement. Beaux sujets de transformation…

Transformation ? Non, restructuration !

graphique graduate CFA

Pour les écoles et les organismes de formation dans l’orbite des chambres de commerce, de même que pour les CFA régionaux, la difficulté sera d’autant plus marquée que les financements traditionnels (la Taxe de Fonctionnement Consulaire des chambres de commerce ou les subventions du conseil régional) vont se tarir fortement, dès 2020. La perte de 20 ou 30 % des recettes de ces établissements se constatera immédiatement dans le résultat ; et à ce niveau-là, on ne parle plus de transformation ou d’adaptation, mais de restructuration.

Développement, transformation, restructuration… trois configurations très différentes qui demandent des managements également très spécifiques. Dès lors, comme souvent, du bon alignement entre la gouvernance, le manager et les enjeux dépendra l’avenir de nos structures d’éducation et de formation. Ce sujet pourrait rapidement devenir une préoccupation majeure pour les apprenants, les entreprises, mais aussi les territoires et leurs élus.