La survie des écoles post bac et des CFA se joue en ce moment

La réforme de la taxe d’apprentissage introduite par la loi de 2018 a permis de réconcilier circuits de financement et développement effectif du nombre d’alternants dans le pays. Il était temps ! 

Pour autant, cette réforme met l’ensemble des écoles post bac et les CFA devant un challenge de taille, celui de développer rapidement l’alternance. De ce point de vue, la rentrée de septembre 2020 était depuis longtemps identifiée comme un premier moment de vérité. 

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Or, la crise sanitaire a relégué les politiques d’alternance de la plupart des entreprises au second rang des priorités du moment. Sécurité des salariés, télétravail, chômage partiel… monopolisent l’essentiel du temps des DRH. A part le groupe Engie, qui a rappelé son objectif de doubler cette année son quota d’alternants (de 5 à 10 % : bravo !), ou SNCF Réseau pour qui les alternants sont les futurs CDI du Groupe, les prises de parole se font rares sur le thème de l’alternance… de même que les offres proposées aux apprenants. Et ce n’est visiblement plus le sujet majeur du Ministère actuellement, qui doit gérer les urgences.

Il y a donc fort à parier que l’alternance soit un dommage collatéral de la Covid-19. 

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Les entreprises ne le verront pas forcément immédiatement, Grenelle regrettera ce malheureux ressaut dans ses – excellents – chiffres de l’apprentissage, mais en septembre plusieurs dizaines de milliers de jeunes de ce pays n’auront pas trouvé une entreprise pour les accueillir et les former (et au passage financer leurs études) et de nombreuses structures pédagogiques de proximité mettront définitivement la clé sous la porte… ce qui ne manquera pas d’impacter à moyen terme la performance des entreprises et les tableaux de bord de l’emploi suivis par le Ministère du Travail.

Pour contrer cette catastrophe annoncée, il est clair qu’une initiative publique est indispensable. Le basculement des financements dédiés aux contrats d’avenir, dispositif qui n’a pas démontré de véritable efficacité, vers l’aide unique à l’apprentissage permettrait d’en accroître le montant ; la suppression totale des charges sociales assises sur les contrats d’apprentissage pourrait également être opérée. Cette impulsion permettrait sans doute de faire remonter le thème de l’alternance dans l’agenda des DRH d’entreprises. Au grand bénéfice de l’ensemble de notre économie.